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Jeudi 04 Décembre 2008






La Saline royale d'Arc-et-Senans

La Saline royale d'Arc-et-Senans située sur la commune d'Arc-et-Senans (Doubs) est une œuvre de Claude Nicolas Ledoux, célèbre architecte visionnaire. Elle avait pour but la production de sel, et devait remplacer les salines vieillissantes de Salins-les-Bains et de Lons-le-Saunier.

Le contexte au XVIIIe siècle

 
À cette époque, le sel était utilisé pour la conservation de certains aliments comme la viande ou le poisson. C'était donc à ce titre une denrée relativement essentielle. Un impôt était basé sur sa consommation, la gabelle, et était perçu par la ferme générale. La Franche-Comté était une région relativement riche en gisements de sel gemme dans son sous-sol. En conséquence, on trouvait de nombreux puits salés dont on extrayait le sel par ébullition dans des chaudières chauffées au bois. On trouvait à l'époque de nombreux puits à Salins-les-Bains et à Montmorot. On avait construit les chaudières près de ces puits et l'on amenait le bois des forêts voisines. Cependant, après de nombreuses années d'exploitation, ces forêts s'appauvrissaient de plus en plus rapidement, et le combustible devait en conséquence parcourir des distances de plus en plus importantes pour être acheminé, ce qui coûtait de plus en plus d'argent. De plus, au fil des années, la teneur en sel de la saumure diminuait. Durant une période, les experts du Roi cherchèrent même à exploiter les « petites eaux », mais ceci fut stoppé par un arrêt du conseil du Roi en avril 1773[1]. Enfin, la construction d'un bâtiment de graduation était impossible, du fait de la position de Salins-les-Bains dans un vallon, ce qui n'était pas adéquat.

La construction et sa décision

Claude-Nicolas Ledoux fut nommé « Commissaire aux salines de Lorraine et de Franché-Comté » le 20 septembre 1771 par Louis XV. En 1773, Mme du Barry appuie sa nomination en tant que membre de l'Académie royale d'architecture, ce qui permet à Claude-Nicolas Ledoux de porter le titre d'Architecte du Roi car il était déjà auparavant architecte de la Ferme générale[2]. C'est ainsi que la construction de la saline royale d'Arc-et-Senans est confiée à Ledoux.

En tant que Commissaire, il a pour mission d'inspecter les différentes salines de l'est de la France. Ceci lui permettra de se forger une opinion quant à la physionomie d'une usine efficace. Cette réflexion lui permis de mettre sur pied un premier projet, avant même que Louis XV ne lui en fasse la demande. Il s'inspira sans-doute des autres salines de la région, et en particulier celles de Salins-les-Bains et Lons-le-Saunier.

La construction et sa décision

Le chantier et la construction de la saline sont mal renseignés par les archives. L'acquisition des terrains et les terrassements se firent peu de temps après.
La première pierre fut posée lors d'une cérémonie le 15 avril 1775, jour du samedi saint et les travaux se poursuivirent jusqu'en 1779. Ceci indiquait donc, comme le veux la coutume, que le gros oeuvre et les fondations étaient déjà établies.
Le gros œuvre fut rapidement réalisé, et les premiers essais de fabrication commencèrent dès l'automne 1778, malgré le fait que certains intérieurs ne soient pas totalement terminés.
Comme le stipulait le contrat passé entre M. Monclar et la ferme générale, l'exploitation de la saline commença en 1779.
Le réseau routier alentours fut étudié par de jeunes stagiaires envoyés sur place par l'École nationale des ponts et chaussées. La route reliant les villages d'Arc et de Senans fut lentement empierrée par de la main-d'œuvre corvéable à merci. De plus, cette route assurant d'importants débouchés vers la Suisse, l'entrepreneur Monclar mis à la disposition des ponts et chaussées les terrassiers de la saline durant les mois d'hiver. D'après le fermier général Haudry, les dépenses étaient doubles par rapport aux prévisions dès 1778.

La vie apr?le sel

L'activité périclita car le rendement n'était pas celui escompté. La concurrence du sel marin acheminé par chemin de fer et la pollution du puits alimentant le village d'Arc amenèrent la fermeture de la saline en 1895, ce qui favorisa sa ruine : un incendie se déclare en 1918.
En 1926, une explosion volontaire (le propriétaire ne voulait pas du classement du site au titre de monument historique) fit tomber une partie du bâtiment du directeur. En 1927, le département du Doubs entreprit sa restauration.
En 1982, la saline fut placée dans la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Aujourd'hui, largement ouverte au public, elle abrite, entre autres :
- Dans le bâtiment des Tonneliers, le musée Ledoux présente par de nombreuses maquettes, des œuvres à la rondeur futuriste, dont beaucoup ne furent jamais réalisées.
- Dans les bâtiments des sels, des expositions temporaires.
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