

C'est là qu'au cours de la Commune, au printemps 1871, se retranchèrent les derniers combattants. Les Versaillais, maîtres du lieu vers la fin de l'après-midi du 28 mai, y fusillèrent tous les prisonniers contre un mur appelé depuis lors Mur des Fédérés.
Le massacre des communards allait alors prendre fin mais la répression continua. Le bilan, comprenant les victimes de la guerre civile et de la répression qui suivit, s'établit entre 20 000 et 30 000 morts. Sont dénombrés :
Le 23 mai 1880, deux mois avant l'amnistie des Communards, se déroulait à l'appel de Jules Guesde le premier défilé devant le Mur : 25 000 personnes, une immortelle rose rouge à la boutonnière, bravèrent ainsi les forces de police. Et dès lors, cette « montée au Mur » ponctua l'histoire ouvrière, puisque chaque année, depuis 1880, les organisations de Gauche organisent une manifestation en ce lieu symbolique, la dernière semaine de mai. Jean Jaurès, bien qu'étranger à la mémoire communeuse, y alla à plusieurs reprises, accompagné par Édouard Vaillant, par Jean Allemane et par des milliers de militants socialistes, syndicalistes ou anarchistes.
La manifestation record s'y déroula le 24 mai 1936 : 600 000 personnes, Léon Blum et Maurice Thorez en tête, au beau milieu du mouvement gréviste, y manifestèrent quelques semaines seulement après la victoire du Front populaire. Autre date, autre temps fort, en ce lieu chanté par Jules Jouy : « Tombe sans croix et sans chapelle, sans lys d'or, sans vitraux, d'azur, quand le peuple en parle, il l'appelle Le Mur ».
