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Jeudi 04 Décembre 2008






Violence conjugale

La violence conjugale désigne les comportements agressifs ou destructeurs causés par une personne à l'encontre de son ou sa partenaire au sein d'un couple. Cette violence peut s'exercer de différentes façons : * violences physiques : viol, coups, meurtre, etc. * violences psychologiques : chantage, insultes, humiliation/dévalorisation, menaces (par ex. contre les membres de la famille), pressions, jalousie excessive, etc. * privations : vol, destruction de propriété, contrainte (enfermement, séquestration, etc.), privation d'autonomie (confiscation de revenu, de véhicule, etc.), volonté d'aliénation (aliénation économique, administrative, etc.), etc.

Statistiques

 
Les chiffres, variables selon les sources et les méthodes, tendent vers le même champ de constatations, même si ces dernières sont parfois sujettes à controverses.
On peut lire dans le préambule de l'étude sur les violences conjugales, commandée par le Ministère français de la Cohésion nationale, publiée à la Documentation française :
« Résultats de l'enquête sur l'ensemble des deux années 2003 et 2004 :

* En France métropolitaine, en moyenne, une femme meurt tous les quatre jours des suites de violences au sein du couple. La moitié subissait déjà des violences.
* Un homme meurt tous les seize jours. Dans la moitié des cas, la femme auteur de l'acte subissait des violences de sa part.
* 13 % de toutes les morts violentes recensées et dans lesquelles l'auteur a été identifié ont eu lieu dans le cadre du couple dont 1 % de cas d'euthanasie.
* Un décès sur dix résulte de coups portés sans intention de donner la mort. La violence conjugale préexistait dans deux sur trois de ces cas.
* 31 % des crimes conjugaux sont liés à la séparation (commission par des « ex » ou séparation en cours)
* Les actes homicides commis par des « ex » sont un phénomène essentiellement masculin, souvent rural, et toujours avec la volonté de donner la mort : 95 % des anciens partenaires auteurs d'homicide sont des hommes. Alors que la proportion d'« ex » parmi l'ensemble des auteurs atteint 10 %, en milieu rural, ce sont 30 % des homicides qui concernent d'anciens partenaires et il s'agit à 100 % de meurtres dont 55 % étaient prémédités.
* Dans 25 % des cas, auteurs comme victimes étaient sans profession et dans 62 % des couples concernés, au moins l'un des deux membres était sans profession. Le fait que les deux membres d'un couple exercent une profession apparaît comme un élément en partie protecteur. »

Violences conjugales envers les hommes

Dès 1977, la sociologue américaine Suzanne Steinmetz créait le concept de « mari battu », ultérieurement remplacé par celui d'« homme battu ». Dans une étude de 1980 (Behind Closed Doors - Violence in The American Family), comprenant une enquête de victimisation, Strauss, Gelles et Steinmetz affirment que les femmes commettent la moitié des violences physiques domestiques. Si le taux d'agression est équivalent, concluent-ils, les hommes causent plus de dommages directs aux femmes, mais les femmes commettent des agressions avec des armes, provoquant des blessures plus graves. Suzanne Steinmetz a écrit : « Le crime le plus sous-estimé n'est pas la femme battue, mais le mari battu. »

Dans le monde francophone, plusieurs enquêtes sont aussi disponibles, qui vont dans le même sens. Il s'agit par exemple de l’Enquête sociale générale du Canada, 1999, commentée par Denis Laroche, d'une enquête d'enseignants de l'Institut de la famille de Fribourg, Guy Bodenmann et Barbara Gabriel, en 2002, ou de l'enquête BVA/L'Express de juin 2005. Une série de témoignages sont disponibles dans la thèse d'une travailleuse sociale suisse, Sophie Torrent, intitulée L'Homme battu, et dans La Cause des hommes de Patrick Guillot.

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